Elles infectent les arbres et provoquent de l’urticaire, au sens propre comme au figuré. Dinan Communauté sensibilise les élus au problème.
Moins de 15 jours après avoir réuni les responsables techniques des communes du pays de Dinan pour aborder le piégeage préventif des reines de frelons asiatiques, Pascal Perrin, vice-président de l’intercommunalité chargé de l’éducation à l’environnement, a invité ces responsables sur sa commune de Saint-Hélen pour parler d’un autre fléau naturel : les chenilles processionnaires.
« Plusieurs communes nous ont sollicités pour savoir si nous allions intervenir contre les chenilles processionnaires. Dinan Communauté a donc décidé d’informer les responsables communaux et de montrer, en pratique, comment installer les pièges avec des spécialistes. Ce n’est pas compliqué à faire, mais il faut les positionner correctement », explique-t-il. Chaque commune prend en charge le coût de mise en place, de 60 à 80 € par éco-piège.
Des larves pérennes et une méthode écologique
Sébastien Bertrand, de l’entreprise Breizh Services, qui intervient dans les Côtes-d’Armor, précise :
« Nous installons les éco-pièges d’octobre à mars, à la base des troncs, pour attirer les chenilles qui descendent à terre au printemps afin d’y pondre leurs larves. Ces pièges contiennent du terreau en sac suspendu qui les attire. Ensuite, de fin avril à début mai, nous installons des pièges à phéromones pour attirer les papillons, un piège pour cinq arbres. Même si nous détruisons les cocons dans les arbres, il faut savoir que les larves de papillons peuvent rester dans le sol de un à cinq ans. »
Cette méthode écologique est plus longue que l’usage de produits chimiques, mais elle s’avère plus efficace sur le long terme. Sébastien ajoute :
« À La Richardais, après quatre années de lutte, nous avons éliminé 80 % des chenilles processionnaires. »
La mésange bleue, un prédateur naturel
Le danger des chenilles processionnaires provient de leurs poils urticants, qui se projettent dès qu’on les touche. Comme elles descendent en procession sur le sol, elles peuvent entrer en contact avec les humains et les animaux domestiques. Ces derniers, en jouant avec les chenilles, peuvent développer des œdèmes souvent irréversibles, tandis que l’urticaire chez l’humain provoque de fortes démangeaisons.
Heureusement, la mésange bleue consomme ces chenilles et régule partiellement leur population. Samuel Le Louet, de l’entreprise Sampic, précise :
« Il est important de ne pas trop nourrir les mésanges si l’on veut que la nature joue son rôle dans cette régulation. »
À propos des chenilles
Chaque cocon blanc, situé à la cime des branches, contient de 80 à 200 chenilles. Ces chenilles sortent la nuit pour manger les aiguilles des pins maritimes sur lesquels elles vivent. Récemment, elles ont également été observées sur des épicéas et des sapins bleus.
Dès avril, elles descendent au sol et marchent en procession. Les cocons résistent aux températures de –10 à –15 °C, tandis que les papillons adultes se déplacent dans un rayon de 1 à 3 km autour du cocon initial.
Article extrait du Petit Bleu

